Les (extraordinaires) Voitures de M. le Comte...

Dans "Il y a un sorcier à Champignac", album fondateur s'il en est, le comte fait une entrée remarquée dans les Aventures de Spirou et Fantasio au volant d'un glorieux "Taxi de la Marne"... Par la suite, il roulera plutôt dans des voitures de location, avant que Fournier ne le représente conduisant une fastueuse Duesenberg SJ des années '30...

N.B. : Les dates indiquées pour les aventures, s'il y a lieu, sont celles de la publication dans l'hebdo, qui peut être très antérieure à l'Album correspondant.
 

Table des Marques représentées

RENAULT
Les Renault utilisées par le Comte, du Taxi de la Marne à la Frégate (à ce jour...), ont été regroupées avec celles de Spirou, sur une page spécifiquement consacrée à cette marque, où figure aussi la notice historique qui lui est consacrée.

BUGATTI


L'industriel et inventeur français d'origine italienne Ettore Bugatti construisit sa première voiture, un quadricycle (Type 1) à... 4 (!) moteurs monocylindres De Dion, en 1898/1899. Mais ce n'est qu'en 1910 que fut fondée, à Molsheim (Alsace), la firme qui porte son nom, dont la première production fut la Type 13, une deux places à 4 cylindres de 1,3 L., inaugurant l'authentique lignée des Bugatti. Le constructeur s'est ensuite spécialisé dans la fabrication de luxueuses sportives de prestige, reflétant l’adage cher à Ettore : « Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher ».
Bugatti se distingua particulièrement en compétition automobile, avec ses légendaires bolides bleus "France" au radiateur en forme de fer à cheval. Son palmarès compte plus de 10 000 victoires internationales, ainsi que 37 records.
La firme est dirigée un temps par le « fils du Patron » Jean Bugatti, qui disparaît accidentellement en 1939, à l'âge de 30 ans, en essayant une Type 57C. En 1952, Bugatti est contraint de mettre un terme à ses activités automobiles, peu après le lancement sans succès d'un ultime modèle, le Type 101; en 37 ans, Bugatti aura fabriqué près de 7 500 voitures de grand luxe et de course, entrées dans la légende, et devenues des objets cultes.
Peu de temps après l'arrêt de l'usine, Roland Bugatti, frère cadet de Jean, entreprend la gageure de faire construire une monoplace de F1, la Type 251, qui ne fera qu'une seule apparition sans gloire en course en 1956.

De nouvelles automobiles portant le nom prestigieux de Bugatti sont construites bien après la disparition de la marque : d’abord de 1987 à 1995, par l’Italien Romano Artioli (Bugatti Automobili SpA), qui produisit le coupé Bugatti EB110 en Italie. Puis à partir de 1998, de retour à l'atelier de Molsheim, par le groupe Volkswagen, avec la création de la société Bugatti Automobiles SAS. En 2005, Bugatti produit un modèle d’exception, construit en série limitée de quelques centaines d'exemplaires : la Veyron 16.4 et ses versions Super Sport et Grand Sport.
En 2016, la firme lance un modèle encore plus exclusif : le coupé Chiron, avec son W16 quadriturbo de 8 L. poussé à 1500 cv (!...), et capable d'atteindre 460 km/h (mais limité à 420, à cause des pneus !). Il est prévu d'en fabriquer 500 exemplaires...
On ne saurait parler d'usine à Molsheim : tout y est fait à la main, sans robot. Ce rythme artisanal entraîne une production limitée : 70 voitures en 2017, 76 en 2018, 80 prévues en 2019... Il faut ainsi attendre... 3 ans la livraison d'une voiture après commande ! Il est vrai aussi qu'une Chiron coûte dans les 2,4 millions d'€... La toute dernière création, la Voiture Noire (évocation justement d'une 57 SC Atlantic noire disparue), coûtera, elle 16,7 M€ !!
TYPE
Carrosserie
Année(s)
Nb. de cyl.
Cylindrée
Puissance
Vitesse maxi

57S Atlantic
Coupé
1936-1938
8 en ligne
3 257 cc
180 cv
> 200 km/h
YOANN & VEHLMANN :
Alerte aux zorkons (2010)
(Album TT Khani)

La Type 57S (Sport ou Surbaissé) est une 57 à châssis surbaissé et raccourci (l’essieu AR passe à travers les longerons) et au moteur plus puissant, reconnaissable à son radiateur en coupe-vent. Exclusive et chère, habillée de carrosseries élégantes et sportives à 2 places, la 57S est sans doute la voiture qui illustre le mieux le concept de grand tourisme rapide
En 1935, sur la base du châssis 57 normal, Jean dessine et réalise l’Aérolithe, avec son arrête dorsale très caractéristique, qui servira de prototype pour l’Atlantic,  produite sur châssis 57S, de 1936 à 1938, à 5 ou 6 exemplaires selon certaines sources, plus vraisemblablement 4, dont 3 existent toujours, avec de légère variantes, par exemple les phares encastrés (comme sur celle du Comte) ou non.
Cette voiture-ci (chassis n° 57473) fut détruite accidentellement en 1955. Son propriétaire actuel (depuis 2007) prit la décision de la restaurer dans sa configuration d'avant l'accident, en intégrant des modifications réalisées entre 1939 et 1946 par  Figoni, mais en utilisant au maximum les pièces originales.

Les illustrations ci-contre et plus haut sont extraites d'une sorte de prologue N/B de 4 pages pour Alerte aux Zorkons, non repris dans l'Album courant.


DUESENBERG
La marque est fondée en 1913 par les frères Frederick et August Duesenberg, dans le but de construire des voitures de course. Elle s'illustre en particulier aux 500 Miles d'Indianapolis qu'elle remporte à plusieurs reprises, et au Grand Prix de France qu'elle remporte en 1921.
À la suite de difficultés financières, la société est rachetée en 1926 par Cord, qui en fait la marque de prestige de son groupe automobile. Sous son impulsion, Duesenberg crée son chef-d’œuvre, la Duenseberg J, présentée au salon de New York de 1929, et rapidement choisie par les vedettes en tout genre (Al Capone, ...) d'alors.
Grâce à ce modèle et à son dérivé à compresseur SJ (Supercharged J), Duesenberg acquiert aux États-Unis une réputation comparable à celle de Bugatti en Europe, en tant que constructeur alliant performances et élégance exceptionnelle. Les Duesenberg deviennent des classiques de la construction automobile américaine de prestige, un cran au-dessus des Cadillac, Lincoln, Packard ou Pierce-Arrow.
À la suite de la faillite du groupe Cord, Duesenberg cesse sa production en 1937. L'usine est rachetée par le constructeur de camions Herrington.
TYPE
Carrosserie
Année(s)
Moteur
Nb. de cyl.
Cylindrée
Puissance
Poids
Vitesse maxi

"SJ"
Torpedo Weyman
1934
Lycoming
8 en ligne
6876 cc
320 cv/4200 t/m
2600 kg
210 km/h
J.-C. FOURNIER :
Du glucose pour Noémie (1970)
(Intégrale tome 9)
Joyeuses Pâques, papa
(1971)
(Intégrale tome 9)
Tora Torapa (1972)
(Intégrale tome 10)





Tora-Torapa : Nos amis descendent de "Noémie", que Spirou vient de conduire un peu "sèchement"...

Comme les J dont il est une évolution, ce modèle d'exception n'était vendu qu'en châssis nu, carrossé à l'unité par chaque client. Il en fut produit 36 exemplaires entre 1932 et 1937.
Noter que cette voiture est conduite pas SPIROU dans Tora Torapa (pl. 9 à 11); mais c'est quand même la voiture du comte...
FORD-GB
Les premières Ford, trois modèles A bicylindres, furent importées en Grande-Bretagne en 1903. La première usine anglaise de Ford ouvre ses portes en 1911, pour produire des modèles américains. C'est en 1932 que Ford GB lance son premier modèle spécifique, la Eight à moteur de 933 cc, qui sera aussi fabriquée par Ford Allemagne sous le nom de Köln. Mais de gros modèles V8 américains seront fabriqués jusqu'en 1950, année qui marque un renouveau dans l'histoire de Ford Angleterre : sont en effet présentés au Salon de Londres deux modèles originaux, Consul et Zephyr (deux nouveaux moteurs à soupapes en tête, respectivement à 4 et 6 cylindres, sous une caisse commune) qui, déclinés en de multiples versions, vont incarner la berline "à l'anglaise" aux lignes si particulières, mais confortable et robuste. Abandonnant le conservatisme technique caractérisant jusqu'alors les productions anglaises, ces voitures reçoivent en effet, pour la première fois, une structure monocoque, une implantation des passagers au centre de l'empattement pour un meilleur confort, une suspension AV indépendante, et des freins hydrauliques.
En 1959, Ford-GB renforce son autonomie technique, donnant naissance à la nouvelle petite Anglia 105E de 997 cc, dont le succès permet à la marque d'accéder au rang de très grand constructeur. Très originale esthétiquement, l'Anglia va donner un nouveau souffle aux stylistes britanniques. Pendant les années 60, Ford se laisse ainsi porter sur la vague du succès. Pourtant, trop typés, ses modèles s'exportent mal, et Ford Angleterre ne survivra pas aux bouleversements du début des années 1970.
Partie prenante dans la conception de l'Escort, puis des Capri et Cortina Mk 3, Ford GB résiste encore quelques années. Mais, handicapée par des mouvements sociaux de grande ampleur, la filiale britannique cédera progressivement le pas à sa cousine allemande. Aujourd'hui, Ford Angleterre est redevenu un simple producteur de modèles conçus à l'étranger.
TYPE
Carrosserie
Année(s)
Nb. de cyl.
Cylindrée
Puissance
Poids
Vitesse maxi

Consul Mk I
Berline
1950-1956
4
1508 cc
47 cv/4400 t/m
1125 kg
115  km/h
André FRANQUIN :
Le Prisonnier du Bouddha ('58)
(Intégrale tome 6)



Le Comte a loué cette déjà esthétiquement vieillotte Ford Consul Mk I en accord avec le cadre de l'Aventure, l'enclave [britannique dans la réalité] de Hoïnk-Oïnk, pour venir "récupérer" nos amis à la frontière, après leur difficile mission en Chine communiste en vue de libérer Longplaying, l'un des savants inventeurs du G.A.G.
(Ci-dessus une photo de la vraie voiture).
Sélection de miniatures au 1/43ème
 




RIO  (réf. 4313)

Rio reproduit la première Atlantic produite (chassis n° 57374), identifiable pas ses phares en position basse. Elle fut construite en 1936, peut-être  avec des composants et des panneaux du prototype Aerolithe. Elle figure maintenant au fameux musée américain Mullin Automotive.
RIO  (réf. 45)

Modèle de la Duesenberg "SJ" carrossée en torpédo par Weymann en 1934.

CORGI  / (réf. AN01101 - 2006)

Cette reproduction (plus proche du 1/46) est une réédition moderne à l'identique de la miniature contemporaine de la vraie voiture (réf. 200, 1956); produite en série limitée, en plusieurs couleurs, à l'occasion du 50ème anniveraire de la marque.