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![]() Les Taxis américains de SPIROUEn
voyage, ou en cas d'urgence, Spirou et/ou Fantasio
font comme beaucoup de monde : ils prennent le taxi.
La présence de ces voitures est par nature fugitive,
mais un artiste exceptionnel comme Franquin prend un
tel plaisir à les dessiner avec précision qu'il les
rend inoubliables...
Comme c'est surtout Franquin qui qui a dessiné des taxis, bien sûr illustrés dans le célèbre "Garage...", l'on n'envisageait pas de les traiter ici. Mais certains dessinateurs en ont introduit dans des circonstances qui retiennent nécessairement l'attention, et enrichissent ainsi cette branche du vaste Garage de Spirou et Fantasio... L'on n'a repris ici que des taxis où Spirou prend place, le plus souvent avec Fantasio. L'on s'est efforcé de retrouver au plus près (type, année) le véhicule réel reproduit; une fois ou deux, il a fallu faire une confiance aveugle au "Garage de Franquin". L'on a divisé cette étude particulière en deux parties : les taxis d'origine américaine, dont Franquin s'était fait une spécialité jubilatoire, et l'ensemble des autres, populaires chez nous, ou au contraire exotiques. N.B. : Les dates indiquées pour les aventures, s'il y a lieu, sont celles de la publication dans l'hebdo, qui peut être très antérieure à l'Album correspondant. Table des Marques représentées
Voir la notice
consacrée à De Soto sur la page des voitures de
Fantasio.
Arès avoir élucidé
l'affaire du "Sorcier de Champignac" durant des
vacances... mouvementées (surtout pour Fantasio
!), nos deux amis sont de retour quinze jours plus
tard. Ils apprennent par la presse les
ébouriffants exploits sportifs d'un septuagénaire,
qu'ils reconnaissent sur photo être le comte ! Ils
décident aussitôt de se rendre au stade où il doit
courir le jour même, et hèlent un taxi à cette fin...
Ce taxi est une De Soto (groupe automobile Chrysler) de la série S-13, à la calandre typique, présentée en 1949. Son successeur (modèle S-14) en 1950 arborera un motif central sur sa calandre, clairement absent ici. Les S-13 étrennaient une toute nouvelle carrosserie, après les modèles intermédiaires d'après-guerre. La berline fut produite en deux versions : DeLuxe (version de base), et Custom (mieux équipée); visuellement, la seule différence consiste en l'ajout de quelques éléments latéraux chromés sur la Custom, que ce dessin de face ne peut manifester. Plus lourde de 80 kgs, la Custom affichait ainsi, à puissance égale, de moins bonnes performances que la DeLuxe, plus austère. Il fut produit en tout, cette année-là, près de 62.000 exemplaires de la berline S-13 (dont trois Custom pour une DeLuxe).
Voir la notice
consacrée à Buick sur la page des voitures américaines
de Spirou.
Cette Buick est un modèle
1955, comme l'attestent la forme de sa calandre avec
ses deux butoirs en forme d'obus, et ses 4 prises
d'air latérales de forme arrondie (les modèles 1956,
très voisins, diffèrent sur ces 2 détails). La
carrosserie Riviera "hardtop sedan" (4 portes sans
pilier central) est une nouveauté 1955, disponible
cette année-là uniquement dans la gamme "basse"
Special et Century, au châssis plus court.
Dans la seconde partie de L'Ombre du Z, à leur arrivée dans la capitale palombienne Chiquito, c'est ce modèle de taxi qu'empruntent Spirou, Fantasio et le Comte pour aller de l'aéroport jusqu' au centre ville.
La firme Checker, fondée par
Morris Markin, d'origine russe, produisait les grand
taxis jaunes et noirs devenus l'un des symboles de la
ville américaine du milieu du 20e siècle.
C'est en 1922 qu'il créa la " Checker Cab Manufacturing Company ". Son premier modèle sort en 1923. ................................................................................................................................................................................................................... Checker était surtout connue après la Seconde Guerre Mondiale pour ses taxis et limousines d’aéroport, proposés également en version civile à partir de 1960. Ces voitures à six glaces latérales, dénommées Superba, puis Marathon, dérivaient des taxis Checker A8 de 1956. De 1950 à 1960, le Checker sera le taxi le plus diffusé aux États-Unis. Mais les ventes restèrent toujours modestes, entre 6 000 et 8 000 unités par an durant les années 60. C'est en septembre 1960 qu'apparaît la Checker Marathon sedan, dont la version familiale accueille jusqu'à huit personnes. Sa robustesse et son vaste intérieur sont appréciés par les chauffeurs de taxis comme par leurs passagers. Cette voiture, en version taxi, va devenir rapidement très populaire auprès des habitants des grandes villes des États-Unis, comme Chicago, Los Angeles ou New-York. En 1966 sort des usines la vaste limousine Aérocar , un modèle à huit portes, qui restera longtemps une des voitures les plus longues du monde. En 50 ans, seuls les moteurs changeront, passant du 4 au 6 cylindres, pour terminer avec un huit cylindres offrant un surcroît de puissance non négligeable. A la mort de Markin en 1970, son fils lui succéda, et la firme entama un lent déclin. Les ventes s’effritèrent progressivement, pour n’atteindre que 500 unités par an dans les années 70. Le styliste italien Ghia proposa alors un prototype pour une nouvelle génération de taxis Checker, mais sans succès; la direction de la firme américaine, s’accrochant de manière incompréhensible à un modèle démodé, récusait toute idée de remplacement. Un changement se manifesta à la fin des années 70, lorsque le dynamique Ed Cole arriva à la tête de l’entreprise, programmant aussitôt une nouvelle Checker, qui devait être lancée en 1983. Malheureusement Ed Cole disparut brutalement, et le projet resta lettre morte. La dernière Checker sortit de chaîne le 12 juillet 1982. La firme aura produit 80 000 voitures au total...
À leur arrivée à Nouillorque,
Spirou et Fantasio sont accueillis à l'aéroport par
deux sbires de Vito Cortizone, et emmenés au siège
des Entreprises Lucky Cortizone à bord de ce taxi
Checker Marathon.
La Marathon est restée pratiquement inchangée durant ses 21 ans de production (1961-1982), à l'exception du montage de pare chocs anti-collisions imposé pour 1974, énorme morceau de ferraille style poutrelle, qui ne fit qu’enlaidir la voiture. C'est bien sûr cette version que dessine Janry.
La firme Chevrolet est née début
novembre 1911, de l’association entre un pilote et
ingénieur autodidacte, Louis Chevrolet, et un
"brillant" homme d'affaires, William Crapo Durant,
fondateur de General Motors (1908).
Le Suisse Louis Chevrolet fut d'abord célèbre par ses succès comme pilote de course aux États-Unis (il court pour Buick, constructeur lancé par Durant, et remporte de nombreuses victoires), et souhaite construire sa propre voiture de course. Il connaît bien la mécanique et a plusieurs idées de prototypes. En 1910, Durant a dû quitter la G.M. à la suite d’une crise financière, et cherche un nouveau point de chute dans le monde automobile; c’est alors qu’il s’entend avec L. Chevrolet, dont le nom, souvent victorieux, l'intéresse par le prestige qu'il donnerait à une marque nouvelle. Durant fournit donc les moyens, Louis Chevrolet dessine : la marque Chevrolet est née. Le premier modèle de la compagnie est la Classic Six, une luxueuse berline six cylindres. L’affaire s'avère un succès commercial; mais les deux associés n’ont pas la même conception de l’automobile : L. Chevrolet veut des bolides de course, Durant entend suivre les traces d’Henry Ford, avec des modèles grand public. En 1913, Louis Chevrolet quitte la marque. Louis Chevrolet parti, William C. Durant fusionne toutes ses firmes avec Chevrolet. En 1915, la Chevrolet 490 (pour son prix, 490 $) concurrence la Ford T, et multiplie ses ventes par neuf en deux ans, passant de 13 500 à 111 500 entre 1915 et 1917. En avril 1916, la capacité de production passe à 200 voitures par jour. Devenu un géant de l’automobile américaine, Chevrolet finance un gigantesque raid boursier sur General Motors : en 1917, William C. Durant échange ses actions Chevrolet contre des actions General Motors, et en mai 1918, Chevrolet devient une division de GM, en conservant une grande autonomie. Mais après différents revers, Durant devra aussi quitter le constructeur en 1920. Au tournant des années 20, sans ses deux fondateurs, Chevrolet est une des marques les plus respectées des États-Unis. En 1933, Chevrolet lança la Standard Six, la voiture six-cylindres la moins chère du marché américain. Chevrolet reste au coude à coude avec Ford depuis les années 1920; elle figura notamment en tête des ventes de manière ininterrompue, devant Ford, de 1946 à 1969 (à l'exception de 1959). En 1953 fut lancée la Corvette, voiture de sport biplace avec une carrosserie en fibre de verre. En 1960 fut introduite la Corvair, dotée d'un moteur refroidi par air monté à l'arrière. En 1963, une voiture sur 10 vendues aux États-Unis était une Chevrolet. En 2005, General Motors relança la marque Chevrolet en Europe, mais il s'agit sous ce nom de modèles sud-coréens Daewoo (GM-Corée). Plafonnant à 1,2 % de parts de marché, Chevrolet abandonne l'Europe en 2016. Aujourd'hui, la marque reste assez puissante en Amérique du Nord et au Brésil, mais s'affaiblit en Chine... En dehors, pour l'image, de la mythique Corvette, c'est le pick-up Silverado qui assure les meilleures ventes de Chevrolet.
Spirou et le Comte hèlent ce taxi à
Noireville, pour rejoindre Fantasio à l'atelier de
carrosserie de cette ville qui travaille sur le
sous-marin du Comte devant concourir pour le prix
Hamadryas.
Cette calandre caractérise l'année 1953 de la Chevrolet Bel Air, dénomination elle-même introduite cette année-là. ![]()
Voir la
notice consacrée à Ford - USA sur la page consacrée
aux voitures
américaines de Spirou.
Avec beaucoup de bonne volonté, on
peut reconnaître une Ford A dans le vague taxi hélé
par Fantasio au début de cet épisode. À vrai dire,
seuls le pare-soleil, l'entourage supérieur de la
calandre avec sa pointe caractéristique vers le bas,
et la position des phares, s'avèrent significatifs,
ce qui est quand même peu... On voudra bien passer
sur le cabochon de radiateur farfelu (peut être une
fantaisie du propriétaire), mais aussi sur le
pare-chocs massif, au lieu des 2 lames parallèles de
la vraie voiture...
Cela étant, la Ford A fut aussi construite en Europe, notamment en France (usine d'Asnières) et en Allemagne, et fut fabriquée en version "taxi".
Dans la dernière partie de cet
épisode en trois volets, Spirou et Fantasio arrivent
en Palombie pour y capturer un animal légendaire de
la forêt : le marsupilami.... Débarqués à
l'aéroport, ils prennent ce taxi (sans marquage
apparent : mais la casquette du chauffeur en indique
clairement la fonction) pour se rendre à Chiquito,
la capitale.
Cette berline Ford est clairement des années 49-50 : en '51, la baguette latérale de bas de caisse se prolonge sur la partie arrière. Les versions DeLuxe, introduites en 1950, constituaient l'entrée de gamme; les finitions immédiatement supérieures (100 $ d'écart en prix) étaient en principe notamment dotées de pneus à flancs blancs.
![]() Les lignes correspondent à une Ford des années 52-53. En 1951, il n'y a pas encore la fausse prise d'air latérale AR qu'on voit sur la case de gauche; et en 1954, seul le bas de cette prise est chromé, et la baguette latérale se prolonge à l'AR jusqu'à la naissance des feux. Par ailleurs, les versions de base Mainline n'ont jamais comporté cette baguette chromée. ![]() Ci-contre, l'intérieur du taxi Ford Crestline.
![]() Dans cet épisode, après avoir traité par le mépris qu'il convent les offres de Vito Cortizone, Spirou et Fantasio, quittant les bâtiments de la Lucky Cortizone, hèlent un taxi jaune de passage, qui se fait alors copieusement mitrailler par les sbires du Mandarin, rival de Cortizone. Ce taxi (on le verra p. 184-185 du Tome 14) est très visiblement une Ford LTD de 3ème génération, comme on peut le voir en comparant avec la photo ci-dessus (qui représente un modèle de 1977); peu-être Janry en a-t-il simplifié ou interprété la calandre : toujours est-il que nous n'avons pu lui associer un millésime précis.
![]() ![]() À Nouillorque, sortant de l'agence de Kuh Pi Dong auquel il vient de soutirer l'adresse où trouver la mystérieuse et redoutable Soupir-de-Jade, Spirou hèle ce taxi jaune (planche n° 27 de l'album) FORD LTD Crown Victoria pour se rendre à cette adresse si chèrement conquise... Il s'agit bien ici d'une Ford LTD 1983-1987 (5ème génération), comme l'indique la forme si particulière des feux AR (cf. photo 1 ci-dessus, représentant un coupé de la même génération). D'autre part, c'est bien le modèle haut de gamme ("Standard") Crown Victoria que dénotent les passages de roues plutôt carrés (et non arrondis), le couvercle de coffre à l'horizontale, et la trappe d'essence visible sur l'aile AR gauche (cf. photo 2 ci-dessus). N.B. : Dans ce même album ("Luna fatale"), après son évasion, Fantasio prend un taxi Ford LTD; mais le dessin en est hybride : l'avant est celui de la génération 3 (avec notamment un pare-chocs recourbé aux extrémités), et une vue latérale conforme à la génération 5 (passage de roues anguleux, raccord anguleux entre le bas de la vitre latérale AR et le montant latéral AR, sans "décrochement" arrondi). Pour cette raison, nous ne reprenons pas ce modèle séparément.
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